SENS : Ces mots qui ont du sens.

Le bon sens

On connait le sens unique, le sens obligatoire, mais aussi le sens interdit.

On connait le bon sens et le sens commun d’une chose.

« Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. En quoi il n’est pas vraisemblable que tous se trompent ; mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices, aussi bien que des plus grandes vertus ; et ceux qui ne marchent que fort lentement peuvent avancer beaucoup d’avantage, s’ils suivent toujours le droit chemin, que ne font ceux qui courent, et qui s’en éloignent » — (René DescartesDiscours de la méthode, La Haye, 1637)

« On peut aussi philosopher avec le sens commun : déjà dans l’Antiquité, Aristote (Topiques) estime qu’il ne faut pas examiner toutes les questions et que ceux qui demandent s’il convient d’honorer les dieux ou d’aimer ses parents méritent en réponse une bonne correction, et que celui qui demande si la neige est blanche n’a qu’à ouvrir les yeux et regarder. — (Ecyclopædia Universalis) . »

On connait les cinq sens et le sixième sens.

On a ou non le sens de l’orientation.

On cherche un sens à sa vie

Essence pure et SENS pur, mais aussi Pure Essence et pur SENS

Et voici SENS : le syndicat !

Un syndicat est un groupement de personnes physiques ou morales pour la défense ou la gestion d’intérêts communs.

Le terme syndicat vient du terme Syndic. Étymologiquement, le Syndic désigne historiquement d’abord une personne ayant à gérer la gestion de la défense des intérêts communs d’une collectivité, puis une personne qui représente un groupe autre que le groupe municipal, un conseiller, un avocat. À l’origine, le syndic représente son groupe dans une action en justice. Dans ce contexte, le terme syndicat désigne la fonction jouée par le syndic, mais aussi le groupe représenté qui s’est aussi appelé chambre syndicale.

En France, le terme a de nombreuses acceptions mais en raison de l’importance de la relation entre employeurs et employés (ouvriers et employés, techniciens, agents de maîtrise, ingénieurs et cadres), il désigne relativement souvent les organisations de défense de l’intérêt des salariés (ouvriers, employés ou cadres), souvent désignées sous le sigle « OS » (organisations syndicales) et protégées par le droit du travail, une législation particulière reconnaissant la liberté syndicale, et le droit de grève.

Qu’est-ce qu’il y a de bon dans ce projet ?

Les syndicats sont nécessaires, ils sont un pont entre le travailleur et de donneur d’ordre.

Il s’agit bien, comme le dit la définition de Wikipédia, d’une personne ou d’un groupe de personnes ayant à gérer la gestion de la défense des intérêts communs d’une collectivité. D’une part les travailleurs qui souhaitent pouvoir vivre de leur travail et rentrer heureux chez eux le soir, certain de continuer à travailler le lendemain et les mois suivants, et d’autre part, l’intérêt de la collectivité de consolider l’avenir de la société, et donc sa prospérité, pour assurer le pain de chaque famille à long terme.

Ceci implique de se mettre préalablement d’accord sur la notion de travail et celle du bien-être des travailleurs. Si, dans la charte du travailleur, sont inscrites des exigences telles que l’épanouissement au travail, la satisfaction d’un travail bien fait et des relations humaines entre travailleurs et donneurs d’ordre, alors on vise un objectif assez idéaliste mais rassurant.

« Unique, chaque personne a pour vocation de contribuer, à sa place, à l’amélioration de la vie des hommes, ses contemporains et ses descendants. Le travail de chacun est donc irremplaçable et sa richesse originale si elle n’a pas pu se libérer, une perte à tout jamais pour l’humanité. »

Ce projet sera, certes, idéaliste ou futuriste, mais il ne doit pas être utopique, c’est-à-dire irréalisable !

On a besoin de visualiser les choses à long terme. Sachant que les syndicats actuels défendent leur pré-carré fait d’acquis honorables, il n’est pas certains qu’ils aient encore une vision à long terme. On y voit des projets à court terme, parfois à très courts termes, mais peu d’espoir pour le futur, comme si la grosse machine capitaliste du 19ème siècle continuait à les écraser avec des moyens de plus en plus colossaux. On a bien remarqué qu’en quelques décennies le nombre des ouvriers syndiqués est passé de la moitié à 7%, soit un déclin de 700% !

SENS arrive un peu comme un « sauveur », réaffirmant l’importance et l’absolue nécessité des syndicats, tout en offrant un large spectre d’innovations et la visualisation d’un futur radieux. Ce ne sera plus un syndicat de type contestataire, frondeur, protestataire, râleur, revanchard ou rebelle, avec une apparence extérieure très humaniste, ni un syndicat violent et révolutionnaire, mais bien plutôt une institution à l’écoute de type diplomatique, ambassadeur du travailleur et négociateur avec le donneur d’ordre, toujours conciliant, dans l’esprit gagnant-gagnant.

Comme je le faisais remarqué au séminaire de lancement, d’autres s’y sont attaqués bien avant SENS, je ne prendrai que l’exemple de la CFTC enseignants, au début des années 70, qui proposait la même démarche. Mais alors, que s’est-il passé au début des années 70 pour que cette CFTC ne réussisse pas son projet et son pari ? A mon avis, et cela n’est que mon propre jugement, même si beaucoup d’autres le partagent, la CFTC avait à choisir entre la « contestation » et l’empathie. En 1964, elle avait déjà été confrontée au même problème, ce qui l’avait amenée à se séparer de sa particule chrétienne pour devenir la CFDT. La déconfessionnalisation permettait aux adhérents de n’avoir plus à se conformer à une attitude chrétienne faite d’empathie, de gentillesse et de pardon. Ils pouvaient désormais critiquer, se plaindre, complaindre, utiliser la violence, et pourquoi pas mentir, tricher, sans aucun sentiment de culpabilité.

Depuis, il y avait eu la révolution de mai 68, la religion n’était plus à la mode, on la disait « ringarde ». C’était l’heure de la théologie de la libération qui prônait la violence contre l’establishment. Les militants CFTC de 1972 se divisaient entre, d’une part, les empathiques aspirants à des réformes qui respectent tant l’ouvrier que le donneur d’ordre, et d’autre part, les rebelles, contestataires et frondeurs qui prônaient la révolution violente. A cette époque, un ami communiste avait été envoyé comme espion au sein de la CFTC pour la saboter de l’intérieur. Voulant conserver son unité, les dirigeants empathiques d’alors laissèrent les contestataires prendre le pouvoir. Désormais la CFTC luttait aux cotés de la CGT. On avait abandonné les temps de prière et d’étude de la parole de Dieu pour privilégier la théologie de la libération. Au vu de ce cafouillage, j’ai dû abandonner ce syndicat qui m’avait parfaitement convenu. Le terme Chrétien, à la fin du nom n’était plus qu’une oriflamme. Aujourd’hui encore, 40 ans plus tard, les instances nationales font souvent pression pour mettre en avant ce caractère contestataire que j’estime très peu évangélique.

Quelle sont les racines spirituelles auxquelles souhaite se rattacher SENS ?

L’humanisme est-il suffisant ? N’oublions pas que l’humanisme consistait à faire revivre l’hellénisme de la Grèce classique ancienne qui avait surtout des aspirations extérieures. D’une part l’homme ne désire-t-il pas développer son intellect et sa capacité de raisonnement ?  D’autre part ne souhaite-t-il pas toujours plus de liberté et donc d’individualisme ? Mais l’être humain peut-il se satisfaire d’avancées extérieures ? Au sein de l’entreprise n’a-t-il pas aussi besoin d’écoute, d’empathie, de temps pour bien réaliser sa tâche et de reconnaissance pour ce travail bien fait ? Cet aspect des attentes intérieures n’est-il pas aussi important que les aspects extérieurs ? J’ai cru comprendre que SENS mettrait l’accent sur ces valeurs plus verticales ! Dans ce cas-là la référence serait plutôt des philosophes comme Pascal, Kant, Fichte, Hegel … que Descartes, Voltaire, Strauss, Marx ou Engels. Plus récemment Ozanam est une bonne référence pour comprendre comment réagir face à des situations de grande misère où l’économie capitaliste agit sans aucune référence à la moindre morale.

« Obéissant à une double dynamique SENS naît d’un idéal philanthropique et philosophique de la conception de l’homme et d’un désir de le voir saisir sa propre nature en l’aidant à se connaître lui-même. Voir l’homme s’installer consciemment dans son rôle de travailleur au sein du monde et de la communauté humaine est le but ultime poursuivi par SENS. »

On ne peut qu’apprécier la suggestion de lancer un nouveau syndicat pas comme les autres. Qu’elles sont ses chances de vie et de survie ? A l’époque où nous vivons, il semble vraiment que ce soit INDISPENSABLE !

Merci aux génies créatifs qui ont concocté cet excellent programme à long, long terme.

Mais il est temps de commencer de suite, sans attendre.

Jean-Paul le lyonnais

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Auteur de l’article : Leïla Amin

Leïla Amin

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