travailleur

Le travailleur : celui qui transforme le Monde.

Dans son Travailleur, publié en 1932, Ernst Jünger présente le Travailleur comme la Figure dominante du monde contemporain. Par « Figure » (Gestalt), Jünger estime que le Travailleur constitue l’unité organique ultime de la réalité :

« Partout où l’homme tombe sous la coupe de la technique, il se voit placé devant une alternative inéluctable. Il s’agit pour lui d’accepter ses moyens particuliers et de parler sa langue ou de périr. Or, si l’on accepte – et la chose est d’importance -, on ne se transforme pas seulement en sujet des processus techniques, on devient en même temps leur objet. L’utilisation des moyens entraîne avec soi un style de vie bien déterminé qui s’étend aussi bien aux grandes qu’aux petites choses de la vie. »

« Le travail n’est donc pas l’activité en soi, mais l’expression d’un être particulier qui tente de remplir son espace, son temps, sa légitimité. Il ne connaît donc aucune opposition en dehors de lui-même ; il ressemble au feu qui dévore et transforme tout ce qui est combustible et que seul son propre principe peut lui disputer par un contre-feu. L’espace du travail est illimité de même que la journée de travail englobe vingt-quatre heures. Le contraire du travail n’est pas le repos ou l’oisiveté, mais dans cette perspective il n’y a aucune situation qui ne soit conçue comme travail. »

Notre syndicat milite pour une définition large du travailleur, comme étant celle ou celui qui transforme le monde par son activité matérielle, intellectuelle ou spirituelle.
Se faisant nous développons l’idée de l’unicité de chaque être humain réalisant de façon unique son travail transformant, et par lequel le monde ne serait pas ce qu’il est sans cette libre expression créatrice.

Toute situation est donc conçue comme travail, et chacune et chacun d’entre nous, doit pouvoir accéder au syndicalisme, forme supérieure de l’expression collective de l’attachement à la croyance que le travail rend libre. La promotion du travail, l’encouragement des travailleurs à croire en leurs œuvres, en leur utilité et par dessous tout en leur beauté, fait de SENS le syndicat qui aime le travailleur et son travail.

Un syndicat qui aime voir la femme et l’homme s’épanouir dans la libre expression de leur créativité est une chance inespérée mise à la disposition de tous. Le syndicalisme sur ces nouvelles bases est complètement à réinventer et c’est l’affaire de tous sans exception. La richesse des points de vue, des expériences, des éducations, des traditions sera le creuset dans lequel le syndicalisme de notre temps pourra se développer pertinemment.

Marc-Yvan Teyssier
Porte parole de SENS

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Auteur de l’article : Leïla Amin

Leïla Amin

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